FRAGMENTS - POÈMES - LETTRES
... et un tas de conneries !
FRAGMENTS
Covid-19 (Coronavirus)
D.T
Nous sommes enfin tous sans-papiers !
Il y a comme une odeur d'universalité.
FRAGMENTS
La putréfaction du Monde
D.T
Ce monde est consumé : son utérus est trop putride pour pouvoir encore donner naissance à quelque chose bon !
FRAGMENTS
Putain de réveil
D.T
Enveloppé dans mes draps,
Je me pousse en amont à l'aide des pieds,
Le cul traînant pour remonter mon buste.
Je n'arrive toujours pas à ouvrir ces paupières.
Des larmes sécher m'en empêchent.
La lumière est présente : elle brûle.
KISS & RIDE
Journal metro, 29 mars 2018
D.T
Ses cheveux roux ont embrasé mon âme.
Le goût de ses yeux noisettes était sur ma langue.
Mes doigts caressaient obsessionnellement les pages du Moleskine.
Elle se caressait la lèvre inférieur avec l'index.
Nos yeux se croisaient et des sourires étaient échangés timidement.
Pauvre fou, comment ai-je osé te laisser partir sans échanger nos coordonnées !
FRAGMENTS
... Des entrailles
D.T
Elle a les entrailles aussi large que la Place des Palais
PETIT MESSAGE À UNE INCONNUE
D.T
Dernièrement j’ai découvert par hasard ton album... Hélas avec une année de retard (comme d’hab.). Mais je l’ai découvert et je l’écoute à m’en péter l’âme. Il est beau. Il est sensible. Il est intime. Ta capacité à exprimer ta sensibilité émotionnelle m’impressionne.
J’avoue que cette découverte elle a été faite sur une plateforme d’échange musicale(illégal). Mais c’est pas grave, je commanderai l’album chez le disquaire à côté de chez moi – promis.
J’espère t’écouter un jour en Belgique. Promis, je ne sauterai pas nu sur la scène pour te barbouiller de grosse lèche baveuse en hurlant « je veux manger ton âme ». J’ai bien trop peur que tu m’introduises des fourmis rouges dans le fion !
Ne t’arrête pas, et n’écoute surtout pas les producteurs ! Continue en français et en acoustique.
Au plaisir.
FRAGMENTS
Les poils dans le train
D.T
Les toilettes du train... jamais pour y faire une crotte, juste pour y pisser en prenant soin de rien toucher avec mes mains, mais ce qui me dégoutte c'est les poils sur la planche, ces gens qui laissent leurs poils partout dans le train après leurs passages il faut les jeter sur la voie et peut-être bien les y attacher pour le prochain passage de train de marchandise.
LETTRE
À R.X.
D.T
Chère Amie.
Voici un courriel qui va sûrement vous réjouir au plus haut degré, et non pas exclusivement pour le service que je vous rend... mais aussi pour la beauté de cette épître... pour se jubiler de Lettre dont l'objectif n'est autre que de susciter en vous un tressaillement de plaisir de vos viscères. Un soubresaut de nature épistolaire.
Nul être refuse un brin de quintessence - n'est-ce pas?
Avec bonté j'ai exécuté votre dessein, ... et à vrai dire, la conjoncture était telle, que refuser aurait été pareil à un blasphème.
Le blasphème d'une Divinité.
Une imprécation digne d'un impie.
Je suis entièrement dévouer corps et âme au projet de vos entrailles, misérable salope. Je prie Dieu. "Notre Père qui êtes aux cieux accordez-nous une heure ou deux pour glisser sur la tranche des lames, mais sans bien sûr blesser les âmes : ... dansons sur le feu !" (citation B.CANTAT)
Et si mes mots vous offense de quelconque manière, pardonnez-moi pour cette verve désinvolte : rien de pathétique, au contraire, le dessein ferme et prémédité est de se mouvoir entre les cuisses, de se glisser sur les lèvres, par l'esprit à l'aide des mots ; l'érotisme de la langue française.
De la pensée à la chair.
Cette française, langue gracile, s'insinuant avec habiliter sur le pied, puis remontant par les jambes jusqu'à la cuisse, là où se trouve la peau la plus douce, non loin de Daedalus, elle se délecte derechef et derechef, pour ensuite se glisser langoureusement et marivauder jusqu'au nombril, l'abdomen, puis le thorax et les seins pour y mordiller les mamelons subrepticement - peut-être par inadvertance.
Elle veut du sang frais, le calice - le saint des saints.
La vie éternel .
Ainsi soit-il !
LETTRE
À C.N. sur Facebook
D.T
Hep salut.
(...) Mais impossible de retrouver une référence mémorielle. Puis, comme par mémoire magique et inspiration divine, les quelques neurones encore fonctionnelles ont tressailli ; il s'agit d'un fait d'anthologie!
D'après Merlin, le médecin rationaliste familiale, il s'agit de lait de licorne : parait-il.
Ensuite, allant toujours bringuebalant de ça et là, je sonde les tréfonds avec mûre et soutenue réflexion. Pixel par pixel un nuage mentale se forme : j'y vois des moutons beuglant jouer à saut de berger, un papillon dévorant un corbeau, le Saint-Siège assiégé par Saint-Strapontin de Pouf, une Edelweiss dans le sable rose de Sint-Idesbald, Bacchus frugal et athlète, stop.
Le soleil dans les yeux : plus rien. Je crois être égaré dans une multitude rémanente de perplexité au carré, certes, mais d'une hauteur plaisante: côtoyant les astres.
...
Pan ! Dans le mille !
Eurêka; Les bancs de l'école normale supérieure, les subtilités grammairiennes, la didactique évangélique. Je me souviens avoir échanger quelques syllabes et consonnes: zou, youpi, ô, ah, hé hé, ...
Tu connais la suite. J'ai cliqué sur « Ajouter à mes amis »: c'est fantastique la modernité. Plus besoin de consulter un prophète ou une sorcière.
Bref.
Cet anophèle est probablement la conséquence d'une piqûre de verve.
Je délire: c'est la malaria !
Je suppose que tu vas ouvrir ce courriel comme parmi tant d'autres, j'espère que celui-ci ne sera pas démesurément chiatique et putride à lire.
Bonheur à souhait. Longue vie à la vie sous toutes ses formes.
Viva la vida. Tralala.